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Toux chez le cheval

Le brusque changement de temps de l'automne à l'hiver a eu lieu, et déjà on entend les chevaux tousser dans les box, le manège ou au paddock.
4 mai 2022 · 8 min de lecture
Toux chez le cheval

Le brusque changement de temps de l'automne à l'hiver a eu lieu, et déjà on entend les chevaux tousser dans les box, le manège ou au paddock. L'éventail des symptômes va d'une légère toux au premier passage au trot à une toux persistante en mangeant du foin et un écoulement nasal purulent, jusqu'à la dyspnée expiratoire.

Dans les milieux équestres, on dit qu'en cas de troubles respiratoires chroniques, il y a rarement une chance d'amélioration. Faut-il donc se résigner à une toux chronique chez le cheval ? Pas forcément, car il existe de nombreuses possibilités pour s'occuper des problèmes respiratoires ! Voici un résumé sur le thème des poumons, la prévention des problèmes respiratoires ainsi que l'alimentation en plantes naturelles en soutien à la toux du cheval.

Comment reconnaître les problèmes respiratoires chez mon cheval ?

Certains problèmes pulmonaires se remarquent aussi bien au repos qu'à l'effort. Dès le repos, la fréquence respiratoire du cheval concerné peut être augmentée. Le cheval pompe/expulse littéralement l'air des poumons, jusqu'à ce qu'en cas de maladies pulmonaires chroniques sévères, une sorte de sillon musculaire, appelé « gouttière de pousse », devienne visible de l'extérieur. Un écoulement nasal purulent peut être un autre signe d'infection des voies respiratoires.  

Voici une liste des signes possibles de problèmes respiratoires :

  • Écoulement nasal unilatéral ou bilatéral non clair (jaune, purulent)
  • Écoulement nasal clair persistant sur une longue période
  • Fréquence respiratoire élevée, supérieure à 15 respirations par minute au repos
  • Toux sporadique à fréquente
  • Toux irritative dès de faibles quantités de poussière
  • Toux lors de la stimulation du larynx
  • Baisse de performance (selon la gravité et la discipline)
  • Phase de récupération plus longue
  • bruits respiratoires pathologiques
  • Fièvre
  • Essoufflement et détresse respiratoire


Tous les facteurs ne surviennent pas en même temps. Il existe en effet des troubles respiratoires qui sont génétiques ou congénitaux. Les maladies les plus fréquentes des bronches et des poumons sont la bronchite aiguë puis, dans un second temps, la bronchite chronique obstructive (BCO). Selon Gerber & Straub, cette dernière se divise en deux maladies distinctes. L'IAD (inflammatory airway disease) peut avoir des causes peu claires ou multifactorielles, toucher toutes les tranches d'âge et présenter un tableau clinique et cytologique (numération sanguine) particulier. Elle est considérée comme une BCO légère. La RAO (recurrent airway obstruction) fait partie des BCO de degré moyen à sévère. Elle touche le plus souvent les chevaux plus âgés, de plus de 7 ans. Ceux-ci présentent des symptômes de type asthmatique ainsi que des paramètres inflammatoires spécifiques. Gerber & Straub décrivent également des tableaux cliniques qui présentent peu de quintes de toux ou seulement une légère toux. Ces cas se caractérisent principalement par une forte baisse de performance et nécessitent une bronchoscopie pour déterminer la maladie. Seul ton vétérinaire de confiance peut établir un diagnostic précis !

Quelles sont les causes des maladies des bronches et des poumons chez les chevaux ?

En général, on peut classer les facteurs conduisant à des maladies des voies respiratoires en facteurs exogènes (externes) et endogènes (internes).

Les facteurs exogènes sont :

  • Mécaniques par la poussière ou la fumée
  • Thermiques par un incendie d'écurie ou le froid
  • Chimiques par l'ammoniac
  • Infectieux par des virus, bactéries, champignons et/ou parasites
  • Immunogènes par des champignons et des acariens

Les facteurs endogènes sont :

  • Problèmes cardiovasculaires
  • Toxines (poisons)
  • Dérèglement métabolique
  • Métastatique par une tumeur ou une infection


Les causes les plus fréquentes résident toutefois dans un hébergement et une alimentation sous-optimaux des chevaux. Une mauvaise ventilation des écuries, une concentration élevée en ammoniac associée à une litière ou un fourrage grossier de moindre qualité entraînent généralement une sollicitation excessive du système immunitaire et des poumons. Une bronchite aiguë peut en être la conséquence. Si celle-ci n'est pas complètement guérie, l'inflammation peut devenir chronique (IAD). La toux, l'écoulement nasal ou les baisses de performance ne doivent donc pas être pris à la légère !

Comment éviter les problèmes respiratoires ou soutenir le cheval concerné ?

La prévention est la meilleure médecine ! Les conditions d'hébergement des chevaux doivent être optimisées et le fourrage de base doit être de la meilleure qualité. Des vermifugations régulières, le renforcement du système immunitaire et du métabolisme ainsi qu'une alimentation adaptée aux besoins, y compris un apport en minéraux, constituent la base d'un cheval en bonne santé. Voici comment tu peux soulager préventivement les voies respiratoires de ton cheval :

Un environnement pauvre en poussière pour l'équitation

Monte plus souvent en extérieur ou seulement après avoir arrosé le sol du manège !

Litière pauvre en poussière

Veille à la haute qualité de la litière (la formation de poussière due aux moisissures est particulièrement dangereuse) ou passe à des types de litière de base pauvres en poussière, comme les granulés de paille ou la litière de sol forestier.

Fourrage de base pauvre en poussière

Veille également ici à la meilleure qualité ! Les chevaux atteints de RAO en particulier ne devraient pas entrer en contact avec des allergènes tels que les acariens du fourrage ou les spores de moisissures. Tu peux aussi étuver le foin (attention : à donner immédiatement après l'étuvage !) ou le tremper complètement dans l'eau pendant 10 minutes (attention : ne pas le laisser dans l'eau plus de 30 minutes et le donner immédiatement !).

Bonne ventilation et beaucoup d'air frais

Si ton cheval n'est pas hébergé en stabulation libre, un box extérieur ou un paddock-box avec beaucoup d'air frais serait recommandé. Si ce n'est pas possible, veille à ce que l'écurie soit souvent aérée et le fumier régulièrement enlevé. La sortie quotidienne au paddock offre non seulement une meilleure situation pour les poumons de ton cheval, mais aussi de la diversité, de l'entraînement et de la joie de vivre pour ton compagnon !

Travaux d'écurie pauvres en poussière

Limite les travaux d'écurie (curage, alimentation, mise en litière) au moment où les chevaux sont au paddock ou en dehors de l'écurie. La poussière reste en suspension dans l'air pendant longtemps après le balayage, même si tu ne peux pas la voir. Tu peux arroser l'allée de l'écurie avant de balayer afin de fixer les particules de poussière !

Réduire l'ammoniac

Cure les box plusieurs fois par jour ou envisage une solution (litière à décomposition naturelle, zones d'urine dédiées) qui génère moins de formation d'ammoniac.

« Plantes contre la toux » - des plantes pour soutenir le cheval en cas de toux

Pour soutenir les voies respiratoires supérieures, les plantes contenant des groupes de substances actives comme les saponines, les flavonoïdes, les mucilages et les huiles essentielles sont particulièrement adaptées. Les saponines renforcent l'expectoration du mucus et le rendent plus fluide (facilitent l'expectoration et la fluidification du mucus). Elles renforcent la musculature bronchique et le mouvement de l'épithélium cilié. Des effets antiphlogistiques (anti-inflammatoires) et apaisants pour les irritations sont attribués aux mucilages. Pour les flavonoïdes, des effets antiphlogistiques, antimicrobiens, antiviraux, antioxydants et spasmolytiques (favorisant l'expectoration) ont notamment été observés.  Les huiles essentielles ont également un effet expectorant, antiseptique et anti-inflammatoire.

Un certain nombre de plantes répondent aux critères mentionnés ci-dessus et ont en outre un effet bronchodilatateur. Elles sont principalement utilisées en cas de catarrhes (inflammation des muqueuses des organes respiratoires) et d'infections des voies respiratoires. Voici quelques exemples : 

Anis

La particularité des fruits d'anis réside dans leur forte teneur en huiles essentielles (2-6 %). On attribue à ce fruit un effet expectorant, faiblement spasmolytique (antispasmodique), carminatif (contre les flatulences), antibactérien, antifongique (contre les champignons) et antiviral.

Thym

Le thym contient entre autres 1 à 2,5 % d'huiles essentielles. Celles-ci jouent un rôle important en tant qu'expectorant (remède contre la toux fluidifiant le mucus) et bronchospasmolytique (décontractant les bronches) dans les bronchites aiguës et chroniques ainsi que dans les catarrhes des voies respiratoires supérieures.

Guimauve officinale

La racine contient 10 à 20 % de mucilages ainsi que des pectines. Les mucilages forment notamment une couche protectrice de mucus dans la région de la bouche et du pharynx, ce qui produit un effet apaisant sur l'irritation de la toux.

Réglisse

L'un des composants les plus importants de la racine de réglisse est constitué de saponines. L'une de ces saponines est la glycyrrhizine, utilisée en médecine vétérinaire en cas d'inflammation des bronches chez les chevaux (fluidifiante des sécrétions et favorisant l'expectoration).

Sauge officinale

La sauge officinale contient différentes huiles essentielles, des tanins et des flavonoïdes. Les effets particuliers de la sauge officinale sont antiviraux, antibactériens, spasmolytiques (décontractants) et, grâce aux substances amères, stimulants pour l'appétit.

Camomille matricaire

La camomille matricaire contient des mucilages, une faible proportion d'huiles essentielles ainsi que des flavonoïdes. L'utilisation de la camomille est traditionnellement connue comme un soutien anti-inflammatoire, antimicrobien et digestif pour l'organisme. En médecine vétérinaire, elle trouve d'autres domaines d'application, comme la cicatrisation des plaies, en tant que piégeur de radicaux et pour favoriser l'expectoration.

Notre conseil : la prévention est la meilleure médecine ! Rends l'environnement de ton cheval « respectueux des poumons » dès avant la première toux !


Bibliographie

Gerber, V., Venner, M., & Straub, R. (2016). Pferdekrankheiten: Innere Medizin (2e édition). (V. Gerber, & R. Straub, éd.) Bern: utb.
Pahlow, M. (2013). Das große Buch der Heilpflanzen. Hamburg: Nikol Verlag.
Reichling, J., Gachnian-Mirtscheva, R., Frater-Schröder, M., Di Carlo, A., & Widmaier, W. (2008). Heilpflanzenkunde für die Veterinärpraxis. Berlin-Heidelberg: Springer Medizin Verlag.

Nos produits ne sont pas des médicaments. Ils ne servent donc pas au traitement d'états pathologiques ou des symptômes qui y sont associés. Les aliments ainsi que les produits de soin servent exclusivement à soutenir et à prendre soin de ton cheval en bonne santé. Pour le traitement d'une maladie ou toute autre recommandation thérapeutique, seul ton vétérinaire ou ton praticien en médecine naturelle animale est compétent.